Je vais tenter de partager avec vous, dans cet espace virtuel, l’évolution de l’initiative Transition Québec centre-ville qui démarre actuellement dans la ville de Québec. Mon objectif est d’offrir à qui veut démarrer une telle initiative des pistes de réflexion, des outils et de la motivation! Vous trouverez plus bas une chronologie des débuts du groupe allant du 9 janvier au 4 mars 2010. J’avais l’intention de faire un compte rendu des points forts de chaque rencontre, mais je réalise aujourd’hui qu’il est trop demandant de tenir un telle section à jour. Je vais plutôt venir de temps en temps ajouter de l’information sur les activités du groupe sans aller dans les détails de chaque rencontre.
Nouvelle récente
05 mai 2010
Nous avons eu une rencontre « carte sur table » dans laquelle nous avons discuté de ce que les membres du groupe pensaient des principes et hypothèses de base du mouvement de transition. L’objectif était de voir quels étaient les éléments faisant consensus et ceux qui portent un peu plus à débat. C’est la première étape vers la rédaction d’une vision et d’une mission pour le groupe. Lors de cette rencontre, nous sommes parvenus à aborder les 4 hypothèses suivantes :
- Que la vie utilisant drastiquement moins d’énergie qu’aujourd’hui sera inévitable, et qu’il vaut mieux s’y préparer que d’être pris par surprise .
- Que nos communautés ne possèdent pas, actuellement, la résilience requise pour faire face au sévère choc énergétique qu’amènera le pic pétrolier.
- Que nous devons agir collectivement, et que nous devons agir maintenant .
- Qu’en libérant le génie collectif de ceux qui nous entourent pour planifier de façon créative et pro-active notre descente énergétique, nous pouvons bâtir des manières de vivre qui soient plus interconnectées, plus enrichissantes et qui reconnaissent les limites biologiques de notre planète.
Le point le plus litigieux à été le point numéro 1 de par l’utilisation des mots drastiquement et inévitable. Il semble que si l’on se projète loin dans l’avenir il est difficile pour la majorité du groupe d’être persuadé de cette hypothèse, mais que si l’on regarde à plus court terme, en effet cette hypothèse, sans être une vérité absolue, semble être crédible lorsque l’on tient compte des informations qui sont actuellement disponibles. Cela n’empêche pas que la situation puisse s’avérer différente si jamais de nouvelles informations venaient à surgir pour changer l’analyse. Quant au point 2, il fait consensus lorsque l’on ajoute industrielle devant le mot communauté puisque ce sont les sociétés issues du modèle de croissance industriel qui ont perdu l’essentiel de leur résilience, même si le phénomène touche de plus en plus de communautés à travers le monde. Lors de la prochaine rencontre, nous allons faire un tour de table afin d’écouter ce que chaque personne considère comme étant la mission du groupe ( chaque membre apportera un court texte rédigé au préalable en vue de cette activité). À partir de ces informations, nous allons tenter de rédiger une mission commune. De plus, nous allons poursuivre ultérieurement le processus de révision des valeurs principales du mouvement de transition en abordant les points suivants :
6 principes sous jacents
- Visualisation
- Inclusion
- Sensibilisation & prise de conscience
- Résilience
- Compréhension psychologique (face au changement)
- Solutions crédibles et appropriées :
- Re-localisation
- Action communautaire, directe
- Bâtir un vision positive de l’objectif
- Projet-supportant-projets
- Interface avec l’administration locale
- Requalification
- Travailler avec les anciens
Chronologie
Le 9 janvier 2010 le courriel suivant commence à circuler dans différents réseaux.
Bonjour tout le monde,
Quelques-uns d’entre vous ont déjà reçu une invitation à se joindre au site de réseautage Transition Québec. Dans la foulée de cette initiative, la ville de Québec, ou plutôt ses municipalités, ne possède pas d’initiative de Transition du genre qu’il sera mentionné ci-dessus.
Le modèle de Transition a été créé en 2005 à Kinsale en Irlande dans le cadre du cours en permaculture qu’y donnait Rob Hopkins. Celui-ci a lancé le mouvement des Transition Towns en 2006 à Totnes en Angleterre, là où il venait de s’installer avec sa famille. Mais à quoi peut bien servir ce « modèle »? Le modèle de Transition est une réponse citoyenne aux menaces que font peser sur nos communautés la disparition rapide du pétrole abondant et bon marché (pic pétrolier), le chaos climatique causé par les gaz à effet de serre et, finalement, la vulnérabilité du système économique face à ces conditions. Chaque Initiative de Transition vise à éliminer la dépendance au pétrole de sa communauté et à augmenter sa résilience (capacité à encaisser des chocs sans cesser de fonctionner) en ramenant au niveau local les productions et les services essentiels, en réduisant sa dépendance aux importations et en faisant le meilleur usage possible de ses ressources.
Voilà la raison motivant ce message à tous…le démarrage d’une / de plusieurs initiatives de Transition dans la ville de Québec! Je ne sens pas la nécessité d’expliciter davantage les raisons susceptibles de motiver une telle action citoyenne; nous aurons sans aucun doute l’occasion d’en discuter prochainement, si ce n’est déjà fait. Je crois néanmoins qu’au delà de la discussion et des paroles, une telle initiative axée sur l’action est porteuse de sens et de résultats…
Je vous propose ainsi de faire circuler ce message dans votre entourage, et de visiter le site qui suivra afin d’organiser une première rencontre Transition Québec. Bien évidemment, puisqu’il faut commencer quelque part, je crois que nous serions en mesure d’engager de véritables transformations dès que 10 personnes s’entendront sur une date de rencontre, laquelle pourrait se situer avant la fin du mois de janvier 2010…nous partirons de là pour la suite des choses. La date et le lieu de la rencontre seront communiqués dès que le nombre suffisant d’individus se seront manifestés. Si vous avez d’autres idées pour rejoindre le plus de monde possible, n’hésitez pas à m’en faire part, ainsi qu’à tous ceux ayant reçu ce message.
Je vous recommande fortement de consulter le document en pièce jointe, de le lire et de le relire, et de l’annoter. Ce dernier se veut le « guide » des villes en transition, soit The Transition Handbook, deuxième édition, rédigé par Rob Hopkins, initiateur du modèle.
À très bientôt tout le monde!
Simon
18 janvier 2010
Une rencontre a lieu entre Simon et moi pour discuter de l’organisation de la première réunion. Une proposition d’ordre du jour est élaborée et nous nous divisons les tâches d’organisation et d’animation.
20 janvier 2010
Nous faisons circuler le courriel suivant dans nos réseaux
Bonjour à tous et à toutes,
Voilà, depuis quelques semaines déjà, plusieurs d’entre vous nous ont fait part de leur grande motivation à s’engager d’une manière ou d’une autre dans le processus de démarrage de l’initiative Québec en Transition…cette même motivation sera plus que la bienvenue pour la première rencontre, déjà planifiée pour la semaine prochaine.
Après avoir pris connaissance de vos disponibilités, il a ainsi été déterminé que la première rencontre Québec en Transition se tiendra mardi le 26 janvier prochain, à 19h30, à la librairie sociale autogérée La page noire (265 rue Dorchester, Québec, G1K 5Z6).
En plus de permettre l’introduction du modèle Communauté en Transition (également appelé Ville en Transition, entre autre) pour ceux et celles qui ne seraient pas familiers avec celui-ci, la rencontre sera l’événement idéal pour mettre nos idées en commun. De ce fait, un ordre du jour provisoire a été élaboré. Si vous tenez à ce que d’autres points s’y ajoutent, n’hésitez surtout pas à nous contacter par courriel.
Ordre du jour – rencontre Québec en Transition, 26 janvier 2010
1. Présentation et tour de table
2. Historique du modèle et éléments le motivant (pic pétrolier et changements climatiques)
3. Le modèle de Communauté en Transition
- La philosophie
- Les étapes suggérées du modèle
- Les outils
4. Attentes et motivation des participants
5. Discussion sur « l’échelle géographique » à préconiser
6. Planification d’une rencontre ultérieure (« Meet-O-Matic »)
7. Varia
26 janvier 2010
Quatorze personnes se présentent à la rencontre. L’ordre du jour proposé est accepté et de belles discussions ont lieu. Voici quelques questions soulevées qui ont été source de discussions:
- En quoi est-ce qu’une initiative de transition diffère de l’action des groupes déjà présents sur le territoire ?
- S’il y avait consensus sur la question du pic pétrolier au sein des compagnies pétrolières et des États, n’y aurait-il pas une plus grande spéculation sur les prix ?
- Quel rôle donner aux élus municipaux au sein des initiatives de transition ?
- Le danger de voir l’initiative récupérée et vidée de son sens.
- L’importance d’avoir un bon lien avec les élus pour pouvoir avoir un impact au niveau des décisions liées à l’aménagement urbain et au transport en commun.
- La distinction entre une approche de contestation et l’approche des communautés en transition.
- Quelle est l’échelle géographique à privilégier pour la première initiative de transition à Québec ?
- Agir au niveau de quelques quartiers ou au niveau de l’ensemble du territoire de la ville ?
- Avoir plusieurs initiatives dans les quartiers ainsi qu’une initiative à l’échelle de la ville composée de représentants des initiatives locales.
- Avantage et inconvénients des différentes échelles.
03 février 2010
En utilisant l’outil en ligne Doodle nous sommes parvenue à trouver un moment de rencontre satisfaisant l’ensemble des 8 personnes intéressées à participer à la prochaine réunion. Celle-ci aura donc lieu le dimanche 7 février à 17 heure à Éco-Quartier situé au 798 12 e rue dans Limoilou (Québec).
07 février 2010
La proposition d’ordre du jour suivante a été envoyée par courriel et approuvée par la suite en réunion
1) Présentation des nouveaux venu(e)s
2) Retour sur la première rencontre (questions, commentaires, etc.)
3) Déterminer les besoins en formation et auto-formation, en documentation, etc., du groupe
4) Déterminer les besoins en communication du groupe (i.e. site internet, forum, document de présentation, etc.)
5) Déterminer les priorités d’action du groupe (i.e. qu’est-ce que l’on fait en premier et comment?)
6) Déterminer le territoire couvert par l’initiative
7) Varia
Le modèle de transition s’allie bien, à mon avis, avec les pratiques autogestionnaires. Nous en sommes présentement au tout début de la création d’une initiative de transition puisque la réunion du 7 février était la première du groupe initiateur. Au moment de discuter du mode de fonctionnement du groupe, je trouve particulièrement important de promouvoir certaines de ces pratiques autogestionnaires. Je pense entre autres à la répartition équitable des tâches au sein du groupe dans l’optique de permettre à toutes et à tous d’effectuer l’ensemble des tâches nécessaires au bon fonctionnement de l’initiative. La spécialisation est ainsi évitée, ce qui augmente la résilience du groupe puisque personne n’est indispensable à son bon fonctionnement. Le groupe est donc en mesure de récupérer plus rapidement dans le cas où un membre viendrait à s’absenter ou à quitter définitivement l’organisation. Au cours de la réunion, j’ai fait deux propositions, toutes les deux acceptées, qui vont dans ce sens.
La première proposition était celle d’alterner les rôles d’animation et de prise de note à chaque réunion. Si les gens étaient en accord avec le principe, ils n’étaient pas nécessairement tous à l’aise avec l’idée d’être chargé de l’animation. C’est pourquoi j’ai par la suite proposé d’allouer un temps fixe, en début de réunion, pour de la formation. Nous avons analysé les besoins du groupe et avons choisi 4 sujets de formation qui seront présentés par différents membres lors de la prochaine réunion. Je me chargerai, pour ma part, de présenter les grandes lignes de l’animation de réunions dans un contexte de démocratie directe.
Cette réunion a aussi permis de déterminer le territoire couvert par l’initiative ainsi que d’officialiser le nom du groupe. C’est ainsi que notre initiative se nomme Transition Québec centre-ville et que, comme l’indique le nom, nous comptons agir sur les quartiers centraux de la ville de Québec.
15 février 2010
Cette rencontre a essentiellement servi au partage d’information. Il y a eu, dans un premier temps, un long tour de table portant sur les dernières nouvelles et ressources en lien avec la transition. Cela a été suivi d’une formation sur le dossier SMA qui porte sur le dézonage d’une terre agricole située près du Centre-Ville de Québec. Finalement, nous avons regardé ensemble des outils informatiques pouvant servir à partager des fichiers et ressources en ligne. Il a été convenu d’utiliser un réseau Ning pour répondre à ces besoins de communication interne.
04 mars 2010
Cette réunion était composée des éléments suivants :
- Feedback sur l’avancement personnel et revue des tâches à faire
- Retour sur la rencontre du Comité provisoire québécois des villes en transition du 22 février (formation Transition 201 qui aura lieu le 24 avril)
- Autoformation sur les rencontres, animation et dynamiques de groupe
- Retour sur les conférences (crise économique, Québec libéré du pétrole en 2030)
- SMA
- Activités à prévoir
- Varia, tâches à faire
Il y a eu une discussion intéressante qui n’était pas à l’ordre du jour, mais qui a été soulevée comme suite aux échanges. Cette discussion à essentiellement portée sur un questionnement face à l’idée de limiter le nombre de personnes invitées à faire partie du groupe de pilotage et sur le rôle de ce groupe en ce début de création d’une initiative de transition. Il semblerait que le rôle du comité n’ait pas été clair pour tous les participants et après cette conversation je pense que le travail qui doit être accompli par ce comité au cours des prochains mois à été clarifié. Je pense qu’il est important de clarifier le fait que le groupe de pilotage a pour objectif de mettre en œuvre la première phase d’une initiative de transition, c’est-à-dire qu’il a pour mission conscientiser la population de sa communauté au double enjeu des changements climatiques et du pic pétrolier. Il peut y avoir confusion entre ce rôle et celui des futurs comités thématiques (transport, alimentation, agriculture, etc). Ainsi en choisissant de s’impliquer dans le comité de pilotage chacun doit être conscient du fait que ce comité s’attardera essentiellement à l’organisatoin de formations et autres événements d’éducation populaire, et ce, jusqu’à ce qu’il juge qu’il y ait un momentum suffisamment grand dans la communauté pour lancer officiellement l’initiative et la redonner, en quelque sorte, à la population. C’est à ce moment-là que les groupes thématiques se mettront en place. Il est possible que quelqu’un soit très intéressé par l’idée de travailler à la mis en œuvre de projets ou d’activités pratiques, mais pas très motivé par l’idée de faire des présentations ou d’animer des formations. Ces personnes sont des ressources inestimables qui pourront, une fois les groupes thématiques créés, contribuer au développement du projet de transition. En attendant la création de ces groupes thématiques, il est possible de guider ces personnes vers d’autres organisations et regroupement qui travaillent déjà sur les sujets qui les intéressent le plus. Par exemple, il existe déjà des groupes qui travaillent activement sur la question de l’agriculture urbaine à Québec et certains font la promotion d’une approche très semblable à celle des initiatives de transition.
25 mars 2010
Notre groupe s’apprête à animer sa première activité publique. Nous visionnons actuellement différents documentaires et discutons de chaque film en cherchant à savoir quel serait le film le plus approprié à projeter sur la question du pic pétrolier. Nous sommes aussi à la recherche de versions françaises ou sous-titrée des films les plus intéressants sur le sujet. Les rencontres de visionnement sont plus informelles et plutôt sympathiques. Les opinions sont parfois opposées et nous n’en sommes pas encore venues à un consensus. Nous devons toutefois prendre une décision dans les prochains jours puisque nous allons projeter le film au début du mois d’avril. Ce sera une belle collaboration avec Éco-Quartier puisque nous allons nous occuper de la soirée écocinoche qui est déjà un événement récurent pour Éco-Quartier un jeudi par mois. Cette collaboration est intéressante pour les deux groupes et s’inscrit dans l’étape 3 du modèle de transition, soit la création de liens entre les initiatives de transition et les organismes présents sur le territoire.