La permaculture a été inventée par les australiens Bill Mollison et David Holmgren qui publièrent le guide « Permaculture 1″ en 1978. Le terme permaculture vient de permanent agriculture (agriculture permanente). Si cette philosophie a d’abord été développée pour répondre aux problématiques soulevées par l’industrialisation de l’agriculture, la permaculture sert aujourd’hui à forger des solutions holistiques aux problèmes auxquels nos communautés locales doivent faire face et s’applique donc autant au domaine social qu’agricole.
Selon Bill Mollison, la permaculture encourage l’observation prolongée et réfléchie plutôt que le travail prolongé et irréfléchi. Il s’agit donc d’observer les écosystèmes naturels afin de créer des systèmes humains basés sur les mêmes principes ( une forme de design naturel). J’aime bien la définition de la permaculture de Michael Pilarski (International Green Front Report (1988):
« La permaculture est le design de systèmes d’aménagement du territoire qui soient soutenables et écologiquement sains; le design de systèmes adaptés culturellement et qui mènent à la cohésion sociale; une technique de design intégrant une application des principes écologiques d’utilisation de la terre; un mouvement international pour la planification et le design de l’utilisation du territoire; un système éthique qui insiste sur le positivisme et la coopération. »
L’éthique de la permaculture se résume en trois points:
Prendre soin de la Terre – ce
qui signifie respecter l’ensemble des êtres vivants (du règne animal et végétal) qui l’habitent ainsi que leurs écosystèmes respectifs.
Prendre soin des personnes –en cherchant à combler leurs besoins (autant physiques qu’émotifs et psychologiques) les êtres humains ont un impact lourd de conséquences sur leur environnement. Prendre soin des personnes c’est donc favoriser des contextes permettant aux êtres humains de combler leurs besoins en limitant au maximum les répercussions négatives (dans l’environnement ainsi qu’au sein de la société).
Distribuer les surplus – il s’agit de favoriser la distribution équitable des richesses.
Voici les principes qui guident la permaculture selon les co-créateurs du concept ( ces informations proviennent de wikipédia).
« Les principes de Bill Mollison
De l’éthique de la permaculture, Bill Mollison a developpé cet ensemble de principes qui permettent d’envisager un design:
- Prévoir l’efficacité énergétique
- Emplacement relatif
- Circulation d’énergie
- Effet de bordure
- Chaque élément doit avoir plusieurs fonctions
- Chaque fonction est remplie par plusieurs éléments
- Travailler avec la nature plutôt que contre elle
- Faire le plus petit effort pour le plus grand changement
- Le problème est la solution
Les principes de David Holmgren
De la même éthique, David Holmgren a développé en 2002 un ensemble de principe légèrement différent et parfois complémentaires.
- Appliquer l’autorégulation et accepter les rétroactions (feedback) – il faut décourager les activités inappropriées pour s’assurer que le système continue de fonctionner correctement.
- Intercepter et stocker l’énergie – en développant des systèmes qui collectent les ressources quand elles sont abondantes et que nous pouvons utiliser à besoin.
- Utiliser et répondre créativement au changement – on peut avoir un impact positif sur des changements inévitables en observant avec attention et en intervenant au bon moment.
- Concevoir en passant des motifs généraux (structure) aux détails – en prenant du recul on peut observer les motifs dans la nature et la société et les reproduire. Ils peuvent alors devenir la colonne vertébrale de nos designs et les détails mis en place à mesure que nous progressons.
- Intégrer plutôt que séparer – en mettant les bons éléments aux bons endroits, des relations se développent entre ces éléments et ils travaillent ensemble pour s’entraider.
- Observer et interagir – En prenant le temps de s’engager avec la nature on peut concevoir des solutions qui correspondent a la situation.
- Obtenir un résultat – s’assurer que l’on reçoit réellement des récompenses utiles pour le travail qui est fait.
- Ne pas produire de déchets – en trouvant une valeur à chaque ressource disponible et en les utilisant toutes, rien n’est un déchet.
- utiliser et valoriser la diversité – la diversité réduit la vulnérabilité à une variété de menaces et tourne à son avantage la nature unique de l’environnement dans lequel il réside.
- Utiliser et valoriser les ressources et les services – faire la meilleure utilisation de l’abondance de la nature pour réduire notre comportement consommateur et notre dépendance vis-à-vis des ressources non renouvelables.
- Utiliser les bordures et valoriser le marginal – l’interface entre deux choses est l’endroit ou les événements les plus intéressants se produisent. Ce sont souvent les éléments qui ont le plus de valeur, et qui sont les plus divers et productifs.
- Utiliser des solutions petites et lentes – Les systèmes lents et petits sont plus faciles à maintenir que les gros, en faisant un meilleur usage des ressources locales et en produisant des résultats durables. »
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